Avancer ses pions

et mesurer la chance de vivre cette aventure.

Hello you,

J’espère que vous allez bien. Je meurs d’envie de vous parler de mon prochain single “Better to be Alive”, programmé pour sortir le vendredi 28 mars prochain, mais le moment n’est pas encore venu de le faire.

Parlons plutôt de juillet 2023

Vous vous souvenez de juillet 2023 ? Moi, oui. J’ai presque chaque jour en tête, sentiments mêlés d’espérance, d’angoisse et d’étrangeté. Les mois écoulés depuis n’y font pas grand chose, ces jours resteront marqués au fer rouge dans ma mémoire. Mais je ne veux pas évoquer cet intimité-là, pas aujourd’hui. Je souhaitais surtout vous parler de ce premier rendez-vous téléphonique avec Yann Arnaud.

Je me souviens, j’étais à Belle-Ile. Avec ma fille et ma chérie. C’était l’heure de je sais plus trop quoi, mais le soleil brillait dans le ciel, et la pelouse était encore verte (c’était juillet). Il faisait chaud, mais pas trop. Le temps bellilois que j’aime tant. Nous avions convenu d’un rendez-vous à 14h. Juste avant la sacro-sainte plage. J’avais le coeur qui battait la chamade. Je déteste le téléphone. Avec un inconnu, c’est pire. Avec un enjeu, ça me paralyse.

Quelques semaines auparavant, mon ami Julien Girbig avait parlé de mon projet à Yann. Et celui-ci avait écouté quelques chansons de l’EP “a Better Man”. Il était OK sur le principe pour qu’on bosse ensemble, mais bon, il fallait encore qu’on se rencontre.

Yann Arnaud

Yann Arnaud est l’un des plus grands réalisateurs artistiques musicaux de France. A mes yeux, c’est certain. Aux yeux de beaucoup en France, aussi. C’est l’homme qui a façonné le son de l’incroyable album de Syd Matters “Someday we will foresee obstacles” qui près de 20 ans plus tard continue à me toucher au coeur. Yann était aussi sur les lieux du crime perpétré par Cabrel lors de l’enregistrement de l’album “Hors Saison” (album qui donna son nom à la résidence d’artiste créée par mon père…). C’est aussi lui qui ingénia le son de “Talkie Walkie” de AIR, que j’avais usé jusqu’à la corde lors de mon séjour londonien en 2006.

Bref, avoir l’honneur de collaborer avec Yann, c’était faire la synthèse de tout ça dans ma vie.

Je compose le numéro, Yann répond. Et là, je comprends que Yann n’est pas le responsable d’un fonds d’investissement pressé qui pisse sur tout le monde indistinctement. Oui, le grand enfant s’amuse de ma gêne, mais en toute bienveillance, et me propose qu’on se voie “à la rentrée” : de bien profiter de Belle-ile et de ma famille. Je suis heureux, l’appel a duré moins de 2 minutes, c’est exactement le maximum que j’arrive à tenir sans perdre mes moyens.

Septembre 2023

Yann et moi devions nous voir fin août 2023. Et mon père est mort. J’ai préféré conduire ma mère à Lyon, voir mon frère en concert, et tenir bon ; me ressaisir avant d’aller à nouveau vers le futur.

Muni de mes 15 chansons, et après avoir un peu taillé la bavette dans un resto de quartier à Montreuil, Yann procède à l’écoute de quelques fragments de chacune de mes 15 chansons, au gré d’un réseau 4G capricieux. C’est OK. On bosse ensemble.

Je ne sais pas quels sont les critères qui auront fait basculer cette décision en ma faveur. J’avoue ne pas avoir demandé. J’imputerais sans doute cette décision à mon bon caractère, ma ponctualité et mon envie de ne pas passer des plombes à aller dans les détails du pourquoi et du comment de chaque micro-décision. C’est d’ailleurs pour cette raison-là que ne connais pas les critères de sélection de Yann Arnaud. J’imagine aussi que le fait que je fasse de la musique en accord avec ses propres goûts musicaux a dû jouer.

Yann me confia plus tard lors de la même rencontre qu’il avait déjà un peu écouté l’EP “a Better Man”, et qu’il avait tout de suite remarqué que nous n’avions pas enregistré “en live” les prises rythmiques. Que tout cela s’entendait à l’enregistrement. C’est aussi là que j’ai réalisé que ça serait exceptionnel de pouvoir travailler avec une personne d’expérience. Je décidai de lui confier aveuglément les clés de la production de l’album sans rien remettre en question, à aucun moment.

Je serais bien sorti de ce rendez-vous en claquant mes pieds en l’air comme Chaplin, mais je sais pas faire.

En tous cas, Yann avait dit oui, et les ennuis commençaient enfin : j’allais devoir réaliser, au cours des semaines suivantes, les préproductions (les “maquettes” des chansons), et Dieu sait que la barre était haute, puisque je devais obtenir la validation de Yann ET de Jérôme Gras (que nous surnommons entre nous “l’intraitable tyran”). Attendre la bénédiction de ces deux connoisseurs, pour chacun des morceaux qui composeraient l’album.

Octobre – Novembre – Décembre 2023

De ces 15 chansons présentées lors de notre premier rendez-vous de septembre, je n’en gardais que 10 à travailler. Parce qu’entre août et octobre, j’avais déjà composé 6 autres chansons. L’actualité commandait d’expulser un tas de choses hors de moi. 16 titres furent donc proposés au comité d’écoute. Yann et Jérôme n’en retinrent à nouveau que 10. Nous étions donc passés de 21 compositions à 10…

Entre octobre 2023 et janvier 2024, date de notre entrée en studio, je composais une dernière chanson (Father), et restais convaincu du potentiel d’une des propositions formulées mais rejetée (My Life Will Never be the Same Again). Nous entrerions en studio pour enregistrer un album de 12 chansons.

Yann n’y croyait pas.

Mais la suite lui donna tort. Cette suite je vous la raconterai la semaine prochaine… A bientôt !

Marc / 5 Horses


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