Et puis c’est tout
Coucou toi,
Le merveilleux mois de mars bat son plein. Les bourgeons bourgeonnent, les oiseaux s’égosillent, le monde s’éveille, et par ici, 18 avenue Secrétan, on pédale, on se choucroute, on s’ankylose, on cherche à ne pas se fossiliser dans un repli d’anxiété dévorante.
Le gouffre du vide s’annonce. Cette newsletter annonce la dernière chanson de cet EP, le dernier clip, la dernière fois avant bien longtemps que je vous présente quelque chose de fini. C’est aussi la réalisation violente que ce n’est, encore une fois, que le début de l’aventure, et qu’il va falloir faire preuve d’une énorme quantité d’énergie pour atteindre le but fixé : vivre de sa musique.
Mais ce n’est pas le sujet de cette newsletter.
Je t’aime
L’amour a plusieurs visages. Souvent, quand nous écoutons une chanson dont le titre est “I Love You”, notre première intuition est de rapprocher cet amour de la passion dévorante mi-eros mi-porneia, celle d’un artiste totalement consumé par les flammes d’une attraction irrationnelle et fantasmée.
Cette intuition s’avère être justifiée : elle est le fruit d’une longue expérience passée à écouter de mignons minets déclarer leur flamme ou de douces soupirantes rêver d’un prince charmant.
Ce n’est pas l’objet de cette chanson-ci, comme vous pourrez le constater dans les images du clip qui l’accompagne. En quelques phrases, j’explique à quel point, à un moment donné de ma vie, ma fille était ma boussole, mon compas, la carte pour me repérer dans l’épais brouillard dans lequel je me débattais.
Cet amour philia fut mon ancrage pour traverser la tempête. A la naissance d’Anna, mon oncle Luc m’avait dit “une beauté pareille, tu vas quand même lui écrire une chanson non ?”. Il m’aura fallu attendre 6 années avant de composer une chanson à la hauteur de cette personne magnifique qu’est ma fille. J’aurai l’occasion de vous parler d’elle à nouveau. J’espère aussi trouver l’inspiration pour continuer à chanter à son propos dans les années à venir !
Je suis très reconnaissant d’avoir pu réaliser le clip d’I Love You en m’appuyant sur une petite collection de vidéos de la vie de ma fille jusqu’à aujourd’hui. C’est un travail d’archiviste que j’ai accompli en réunissant mes propres vidéos mais aussi en m’appuyant sur ma soeur Margaux (qui tient aussi la caméra sur les images les plus récentes de la vie d’Anna).
J’ai ensuite confié le montage de cette séquence au brillantissime Gabriel Rolim qui a su orchestrer les enchaînements avec un talent remarquable : défi relevé, haut la main !
Je conclurai cette présentation en passant la balle à Jérôme puisque ce geste a un sens. Confronté à la même tempête que moi, à quelques années d’intervalle, j’ai confié à mon ami l’arrangement de cette chanson composée très simplement (il y a 3 accords tout au long de la chanson). Pendant des semaines, Jérôme, livré à sa récente solitude, s’est fixé comme mission d’utiliser tout son savoir-faire musical et sa sensibilité pour s’approprier ce message d’amour filial. A ses deux fils, je suis certain qu’il pourrait composer une oeuvre remarquable, tellement ce papa est en amour devant sa progéniture.
Merci Jérôme de mettre toute ta sensibilité et de t’impliquer jusqu’à la moelle dans ce projet artistique. C’est précieux, je le sais.
Matez ce superbe clip :

Merci qui ?
Merci toi, Stéphanie. Tous les jours tu remplis la promesse d’un amour qui coche toutes mes cases. Je ne m’étendrai pas sur toutes les formes qu’il revêt, cela ne concerne que nous deux, mais je tenais à m’employer auprès de toi à l’exercice cher à ce bon vieux Marc-Aurèle dans l’intro de son bouquin.

Il aura probablement fallu que je m’accorde avec moi-même avant de pouvoir te rencontrer, mais je crois aussi que le hasard existe et que c’est une très saine chose que de ne pas croire la seule fable du “destin”.
Stéphanie partage ma vie depuis bientôt 1 an et demi et nous prenons ensemble le chemin d’un amour éternel, j’en suis intimement convaincu, et ce d’autant plus que je suis en pleine capacité de le reconnaître et de le vivre. Dans cette relation, les mésententes se résolvent sans douleurs improductives et cicatrices impossibles à guérir. Dans cette relation, le passé n’est pas nié, il sert au contraire le présent et nourrit la perspective d’un futur toujours réjouissant.
Stéphanie, j’aime ton amour des grandes valeurs, ton sens de l’amitié, ta gentillesse, ton merveilleux sens de l’observation toujours juste, fin, sensible. Ton sens de l’humour. Ces qualités m’inspirent en ping-pong constant. J’aime aussi ta capacité à aller vers l’autre, vers l’inconnu, en surmontant ta peur et en te mouillant. C’est fort de cet exemple que j’ose parfois m’avancer et prendre ma place à mon tour. J’aime aussi quand tu sais te faire discrète et présente à la fois, dans les moments les plus délicats de la vie intime.
Si j’utilise cette newsletter pour te remercier, ce n’est pas non plus un hasard, ni une volonté d’équilibrer les types d’amour qui animent mon coeur. C’est aussi parce que, ensemble, nous avons réussi à franchir cette étape décisive dans ma vie : embrasser mon passé complètement, sans l’occulter ou le minimiser, sans en ressentir la moindre ombre au tableau. Je t’aime d’autant plus pour cette raison-là, et cette admiration sincère je veux la convoquer ici par écrit.
Merci, ma chérie.
Bon et sinon, rien à voir, mais…
Oui, passons à autre chose, parce que sinon on va faire pleurer dans les chaumières. Cette semaine je rencontre Olivier Marguerit, aussi connu sous le sobriquet de “O”, et non ce n’est pas de notre ancien secrétaire d’Etat au numérique dont il s’agit, mais bien du multi-instrumentiste que j’ai connu il y a 15 ans en partageant la scène de Syd Matters alors que j’officiais en qualité de guitariste lead de Saibu. Une date à Tours. Quelques petits tours plus tard, je déjeune avec Olivier dans l’objectif qu’il participe à l’enrichissement final de mon album à venir. Cette rencontre je l’attends avec enthousiasme (je remplace progressivement l’impatience par l’énergie enthousiaste, voyez-vous). Et, pour patienter, j’écoute son oeuvre solo.
Je vous avoue que j’ai un ENORME petit penchant pour son apport sur l’énorme film “La Nuit du 12”, qui parmi toute son oeuvre, me séduit plus que tout. Mais je dois vous avouer que s’il devait y avoir un seul artiste francophone contemporain que je pourrais écouter en boucle en ce moment, ce serait bien Olivier. Quel talent !

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