Une communication iconodoule, quoi
Hello you,
Google ne reconnaît pas le mot iconodoule, et je me dis que tout n’est pas foutu, qu’il y a encore des choses que Google ne connaît pas, et donc que nous pouvons en déduire que Chat GPT lui non plus ne connaît pas ce mot.
Et vous ? Le saviez-vous ? Qu’iconodoule c’est l’inverse d’iconoclaste ? Que dans la vraie vie, je suis un pur iconoclaste, que pour moi l’invention du portrait en peinture, et, pire peut-être, du miroir, voire de l’appareil photographique, est peut-être ce qui nous a transformés en une espèce animale incomplète, à la recherche permanente de validation extérieure ? Que de Narcisse à la figuration de Dieu il y a un flippant fil rouge vertigineux, qu’il faudrait s’assurer de vivre moins dans l’image et plus dans le réel ? Mais ça c’est pas très instagrammable mon cher, et que voulez-vous, entre deux saluts nazis, il faut bien “vivre avec son temps”.
Donc, voici que pour faire la promo de ce qui s’entend il faut donner à voir, et ce serait quand même mieux si le mec qui cause dans le poste avec des notes du type La Si Do Ré était un beau gosse ou un monstre plein de pustules suppurantes, parce que ça serait vraiment plus “bankable”. Peu importe si l’idée est in fine d’écouter cette musique sur des enceintes ou dans un casque : dans la “vraie vie” il faut produire de l’image. Pourquoi, j’en sais fichtre rien, mais savez-vous vraiment pourquoi les gens produisent des Kalachnikov ou des cigarettes cancérigènes ? Moi pas.
Bref, donc, pour ces multiples occasions d’être vu, 5 Horses a fait appel à “Camille Costumière” (c’est ainsi qu’elle se prénomme dans mon téléphone et que nous échangeons sans nous voir), qui a conseillé le port de costumes vintage “lumineux”. A défaut d’en avoir trouvé l’exact exemplaire (“un costume en velours lisse vert émeraude”) en un temps si court, nous nous rabattîmes sur ce qu’il y avait dans la garde robe et nous revêtîmes d’habits uniformes, dans la belle tradition beatlesienne (sachez que Google ne reconnaît pas les formes basiques du passé simple, je me jetterais bien volontiers virtuellement par la fenêtre du désespoir qui m’habite).
Un beau jour de la fin décembre, Cole Mitchek (aussi connu sous le nom de “Smallsongs”) a tapé à la porte de mon email, après avoir découvert ma musique grâce au truchement des algorithmes d’un propriétaire de réseau social turbo-testostéroné dont je me passerais tellement si je ne devais pas mon hypothétique succès futur à ma présence sur sa médiocre application informatique monopolistique. Cole me propose alors de venir filmer 5 Horses lors de notre concert au Supersonic, mais moi je vois plus loin, doté de cette vision unique offerte par mon kératocône en stade avancé : je vois en fait que Cole filme beaucoup d’artistes dans des situations originales (la rue, les parcs, etc.) un peu “à la manière de” la Blogothèque, chaîne Youtube connue pour avoir démocratisé cet usage. Cole s’y prend avec un talent certain, et je me dis que moi aussi, je veux la même chose. Depuis ma soudaine reconversion de 2021, je me fantasme régulièrement en troubadour, naviguant de rue en rue avec ma seule guitare et ma voix, faisant vibrer les coeurs et les âmes de conseils avisés, en anglais (mais pourquoi vous chantez pas en français ?). Bref, cette proposition m’attire plus, et je propose à Cole que nous soyons deux sur l’image. Ca, c’est parce que, si vous avez lu plus haut, la lumière me gave, et cela commence à prendre de sacrées proportions plus le temps file.
C’est ainsi que le jour de notre concert au Supersonic, nous profitons d’un temps légèrement plus clément que les 3 derniers mois (qui ressemblent à des années) pour nous produire au fil de l’eau du quartier qui abrite mon studio de travailleur de l’ombre, avenue Secrétan, 75019 Paris.
Retrouvez la vidéo de cet excellent film maker qu’est Cole. J’aurais voulu vous parler de ses doigts, mais je sens que le texte ci-dessus est déjà trop long. Qu’il y a déjà 50% de l’audience qui ne cliquera jamais sur la vidéo. Que je vous avoue ne pas capitaliser toute ma vie sur ce clic donc “tout va bien madame la Marc-ise” (parce que si je commençais à croire en mon heureuse destinée, il faudrait probablement que vous m’interniez pour cause de “délire de grandeur”). Des Australiens m’écoutent chanter au moment où je vous parle, mais ils m’écoutent d’une oreille distraite. Le taux de “sauvegarde” de la chanson est ridicule. C’est ainsi que plusieurs milliers d’écoutes se passent sans que rien ne se passe vraiment. C’est la dure réalité des mecs sympa mais ni canons, ni hideux. On passe à côté, et la vie poursuit son chemin. C’est aussi le lot des “bonnes chansons”. Putain mais faites-le taire, qu’il mette son lien à la fin ! (cliquez sur l’image)

Il y a aussi de jolies photos de notre passage au Supersonic, si vous voulez je vous en ai mis une sélection ci-dessous. Ces photos sont l’oeuvre d’Emma David. J’en ai plein d’autres.






Je vous fais des bisous. Dans les prochains jours, vous pourrez me retrouver là où la chanson “The Long Shot” me fait vibrer. Je serai en train d’écrire, écrire, écrire, pour venir à bout de tous mes sentiments mêlés et, espérons-le, trouver quelques pépites sur le chemin, qui figureront sur le prochain album. Moi j’y crois.
Bonne semaine à vous tous,
Marc / 5 Horses
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